Le sommet de Copenhague


Le sommet de Copenhague : Entre division,

soustraction et pourcentage.



La Conférence de Copenhague, qui s'est tenue du 7 au 18 décembre 2009, est la 15e réunion des 191 pays ayant ratifié la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC). Cette convention est l’une des trois conventions décidées au Sommet de la Terre à Rio en 1992, avec celles dédiées à la biodiversité et à la désertification.

La CCNUCC est entrée en vigueur en 1994, et a été complétée en 1997 par le Protocole de Kyoto pour répondre à la menace du changement climatique. Chaque année, au mois de décembre, les pays qui ont signé la Convention sur le changement climatique, le Protocole de Kyoto, ou les deux, se réunissent pour faire le point sur l’avancée de la mise en œuvre de la Convention, et en préparer l’avenir... 2009 a été capitale, car il s’agissait de trouver un accord pour donner suite au Protocole de Kyoto.

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Pays industrialisés : cap sur la division par 4 des gaz à effet de serre .

Pour limiter le réchauffement de la planète à 2°C, il faut que les pays industrialisés divisent au moins par 4 leurs émissions, ce qui implique une modification importante de nos modes de vie, de notre manière de produire et de consommer, de notre façon de nous loger, de nous déplacer, de nous nourrir... Nous devons donner la priorité aux économies d’énergie, mais aussi faire évoluer nos modes de consommation, pour préserver le climat et mieux partager les ressources naturelles.

 

Emissions de GES : où en sommes-nous ?

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) responsables du changement climatique sont très liées à nos modes de vies. Elles proviennent en grande majorité de la consommation d’énergie fossile (gaz, pétrole, charbon), mais aussi de l’agriculture (élevage, utilisation des engrais) et de la déforestation. Pratiquement toutes les activités humaines produisent du CO2 ou d’autres gaz à effet de serre. C’est donc une profonde mutation de nos modes de consommation et de production que nous devons entamer.

 



Quelle est la situation mondiale ?

Nous n’émettons pas tous la même quantité de gaz à effet de serre. Au niveau mondial, il y a même des différences énormes. Ainsi, un citoyen des Etats-Unis émet aujourd’hui plus de 20 tonnes de CO2 (soit l’équivalent de 130 000 km en voiture), un Européen 9 tonnes (soit 60 000 km), un Chinois 4 tonnes (soit 25 000 km), et un Indien 1 tonne (soit 7 000 km). Notre objectif de division des émissions par 2 au niveau mondial (de division par 4 dans les pays riches) ne nous autorisera à n’émettre

plus que 1,8 tonne de CO2 en 2050, soit l’équivalent de 10 000 km en voiture).

 

Comment diviser par 4 ses émissions ?

Pour atteindre l’objectif de 2°C, chacun d’entre nous devra analyser son comportement individuel et collectif. Regarder comment nous pouvons réduire notre consommation d’énergie. Envisager des travaux d’isolation dans nos logements, faire attention à notre consommation alimentaire, changer notre manière de nous déplacer.


Nous sommes tous concernés par le sommet de Copenhague :

 

Copenhague a sans doute été le sommet international sur l'environnement le plus important depuis le Sommet de la Terre de Johannesburg en 2002. Cette réunion de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) devait donner suite au Protocole de Kyoto, accord international qui a pour objectif de lutter contre le changement climatique.

Car malgré les efforts accomplis depuis l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto en 2005, les modifications du climat s'accélèrent, et les prévisions des scientifiques sont alarmantes. Nos émissions de gazs à effets de serre (GES), qui provoquent le réchauffement de la planète, sont plus importantes que prévu. Il est toujours urgent de trouver un accord pour réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre, afin de se prémunir des impacts du réchauffement.

Le climat se réchauffe : jusqu'oû ?

En l’espace d’un siècle, la température moyenne de la planète s’est élevée de 0,74°C. Cela semble peu, mais il faut savoir que derrière cette moyenne, se cachent d’énormes différences. La température moyenne s’est élevée de 1°C en Europe, mais surtout de 2°C à 4°C dans les régions polaires, ce qui menace déjà les écosystèmes.

 

+ 2°C maximum : un objectif pour éviter le pire.

Depuis 2001, les scientifiques du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur le Climat) nous disent que pour éviter le pire, il faudra limiter le réchauffement de la planète à 2°C. Cela veut dire diviser au moins par 2 les émissions mondiales de GES d’ici 2050, et implique l’action de tous.

 


picto01Un peu d’histoire :

En 1997, à Kyoto, un accord a été trouvé pour que les pays industrialisés, qui sont les premiers émetteurs de gaz à effet de serre, réduisent leurs émissions de 5% entre 2008 et 2012 par rapport à leur niveau de 1990. Le Protocole de Kyoto est entré en vigueur en 2005. A partir de cette date, la communauté internationale s’est aussi engagée dans un nouveau processus de négociation, pour préparer la suite du Protocole de Kyoto. A Bali, en décembre 2007, les Etats se sont donné rendez-vous à Copenhague pour trouver un nouvel accord plus ambitieux, incluant aussi des actions de réduction des émissions dans les grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Mexique…), et faisant de la lutte contre la déforestation une priorité.

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La déforestation dans les pays tropicaux est responsable d’environ 18% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Dans des pays comme le Brésil, l’Indonésie, le Costa-Rica, ou la région du Bassin du Congo, les dernières forêts tropicales sont menacées de destruction. Or les forêts sont d’une richesse écologique pratiquement unique : elles constituent des écosystèmes où la biodiversité est extrêmement riche, participent à la régulation du cycle de l’eau, des climats locaux, et offrent des ressources alimentaires et énergétiques à de nombreuses populations rurales. Si dans certains pays la forêt primaire a presque déjà disparu, il reste encore d’importants massifs à protéger. Mais bien souvent aujourd’hui, il est plus rentable à court terme, de détruire une forêt plutôt que de la protéger.

Déforestation, quelles en sont les causes ?

Outre les incendies d’origine naturelle, la déforestation est généralement liée aux activités humaines. Ses causes sont variables selon les régions. Ainsi, on considère qu’en Amérique latine, la principale cause de déforestation est l’extension de l’agriculture, largement liée au prix des matières premières agricoles ; en Afrique de l’Ouest, c’est l’utilisation du bois énergie qui est en cause ; et en Asie, c’est la production de palmiers à huile qui est pointée du doigt (l’huile de palme entre dans la composition de près d’un produit alimentaire sur dix vendus en Europe). Cette dernière est en effet à l’origine de 90% de la déforestation en Malaisie. A Bornéo, c’est 1/3 de la forêt primaire qui a été détruite en 20 ans !

 

Comment réduire la déforestation ?

Il faut avant tout diminuer les pressions sur les forêts restantes. Mieux gérer l’exploitation du bois, arrêter de remplacer les forêts primaires par des plantations destinées à l’agriculture, ou à la production d’énergie. Cela passe par une réduction de notre consommation d’énergie, mais aussi par des changements dans notre alimentation. C’est surtout pour produire des aliments destinés au bétail qu’on détruit les forêts. A Copenhague, il faudra trouver un moyen pour que les grands pays forestiers aient intérêt à protéger la forêt, plutôt que la détruire.

 

Copenhague se conclut par un échec !

 

  Les beaux discours ne suffisent pas. Deux mois après la conférence sur le climat de Copenhague, il est clair que les responsables politiques du monde ont été incapables de traduire le discours du réchauffement climatique en action.

L'échec de Copenhague ne vient pas de l'absence d'un accord légal contraignant. Le véritable échec vient du fait qu'il n'y a pas eu d'accord sur les moyens à mettre en oeuvre pour atteindre l'objectif ambitieux de sauver la planète, pas d'accord sur la réduction des émissions de dioxyde de carbone, pas d'accord sur la manière de répartir le fardeau et pas d'accord sur l'aide aux pays en développement. Même l'engagement pris dans l'accord prévoyant des contributions approchant les 30 milliards de dollars pour aider les PVD à s'adapter, pour la période 2010-2012 semble bien maigre à côté des centaines de milliards de dollars qui ont été distribués pour le sauvetage des banques en 2008-2009.

Les conséquences de cet échec sont déjà visibles : les cours des permis sur le système européen d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre, ont chuté. Ce qui veut dire que les entreprises sont moins motivées pour réduire leurs émissions dès maintenant, et seront moins motivées pour investir dans des innovations à l'avenir. Les entreprises européennes continueront d'être compétitivement désavantagées par rapport aux américaines, qui, elles, ne payent rien pour leurs émissions.

De graves problèmes émergent de l'échec de Copenhague. L'approche de Kyoto a alloué des droits d'émissions qui sont de précieux actifs. Si les émissions étaient restreintes de manière appropriée, la valeur des droits d'émissions serait de l'ordre de 2.000 milliards de dollars par an. Pas étonnant, donc, que tout le monde se dispute pour déterminer qui doit les obtenir.

L'idée selon laquelle ceux qui ont le plus pollué dans le passé devraient obtenir plus de droits à l'avenir est franchement inacceptable. Un système d'attribution par habitant pour les pays en développement serait le système le moins injuste. La plupart des principes éthiques impliquent que, si l'on distribue ce qui se résume à « de l'argent » un peu partout dans le monde, les plus pauvres devraient en recevoir un peu plus (par habitant).

De la même manière, la plupart des principes éthiques suggèrent que ceux qui ont le plus pollué par le passé , surtout après que le problème a été reconnu en 1992 , devraient se voir accorder moins de droit à polluer à l'avenir. Mais ceci impliquerait le transfert implicite de centaines de milliards de dollars des pays riches vers les pays pauvres. Compte tenu de la difficulté à réunir ne serait-ce que 10 milliards de dollars par an sans parler de 200 milliards de dollars qui seraient en fait nécessaire pour aider les pays en développement à s'adapter, on ne peut que difficilement espérer un accord de ce genre.

Peut-être serait-il temps d'envisager une nouvelle approche sous la forme d'engagement de chacun des pays à augmenter le prix des émissions, soit à travers une taxe carbone soit par des permis échangeables d'émissions, à un niveau négocié qui pourrait être de l'ordre de 80 dollars par tonne. Il est bien plus logique de taxer les mauvaises choses que les bonnes. Les pays développés auraient sans conteste besoin de ces revenus, d'une part pour pouvoir respecter leur obligation d'aider les pays en développement à s'adapter, mais aussi pour les indemniser pour la préservation de leurs forêts - une bonne chose pour l'ensemble de la planète, puisque ces dernières permettent le stockage géologique du dioxyde de carbone.

Nous savons que la bonne volonté seule ne suffit pas. Nous devons donc faire en sorte que les intérêts personnels et les bonnes intentions se conjuguent, en particulier parce que les responsables de certains pays (les Etats-Unis surtout) craignent la compétition des marchés émergents même sans aucun des avantages dont ils pourraient profiter du fait de ne pas avoir à payer pour leurs émissions de carbone.

Un système de taxe douanière imposée aux importations en provenance de pays où les entreprises n'ont pas à proprement parlé à payer pour les droits d'émissions rééquilibrerait la situation ; cela constituerait aussi une incitation économique et politique pour que ces pays adoptent le principe d'une taxe carbone ou de permis d'émissions. Les entreprises seraient ainsi encouragées à réduire leurs émissions.

Il y a urgence! Pendant que le monde traînasse, les gaz à effet de serre s'amoncellent dans l'atmosphère et la probabilité de parvenir ne serait-ce qu'à respecter l'objectif de deux degrés pour limiter le réchauffement climatique . Nous avons donné plus que sa chance à l'approche de Kyoto basée sur les droits d'émissions. A la lumière de ces extraordinaires difficultés qui peuvent l'expliquer, l'échec des propositions de Copenhague ne devrait pas être une surprise.

 

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